Un robinet qui goutte, ce n’est pas qu’un bruit lancinant : c’est parfois l’annonce d’une facture qui vous revient. Savoir qui doit réparer ou entretenir quoi dans un logement loué n’a rien d’un détail, mais pose une question bien concrète qui anime les couloirs des agences immobilières et les discussions entre voisins.
Comprendre la répartition des réparations entre locataire et propriétaire
La distinction entre ce que doit le locataire et ce qui revient au propriétaire ne se règle pas à coups de suppositions. Tout s’appuie sur une base juridique solide, en particulier la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 et le décret n° 87-712 du 26 août 1987. Ces textes encadrent strictement la distribution des tâches et responsabilités.
En clair, le locataire gère au quotidien ce qui relève de l’utilisation normale du logement. Cela englobe l’entretien courant : remplacer un fusible grillé, remettre en état un robinet qui fuit, graisser les charnières d’une porte, nettoyer les grilles de ventilation, changer une ampoule ou un interrupteur. Des gestes simples, mais indispensables, qui font partie intégrante de la vie dans l’appartement ou la maison.
De l’autre côté, le propriétaire bailleur prend en charge ce qui touche à la structure ou à la longévité du bien : réfection de la toiture, changement d’une chaudière hors service, réparation d’un plancher qui menace de céder. Il doit garantir que le logement reste sain, sûr, conforme aux normes, et intervenir dès qu’une réparation nécessite une expertise ou un investissement lourd.
À cela s’ajoute la grille de vétusté, qui, lorsqu’elle est annexée au bail, permet de nuancer l’usure normale de l’habitat. Elle définit ce qui peut être considéré comme une dégradation due au temps ou un défaut d’entretien, afin d’éviter les contestations lors de la restitution. Les états des lieux, d’entrée et de sortie, servent alors de preuves en cas de conflit sur les réparations à la charge du locataire ou du propriétaire. Ces documents sont bien souvent la clé pour éviter ou résoudre un désaccord.
Quelles réparations sont à la charge du locataire ? Exemples et situations courantes
Vivre en location suppose de prendre soin du bien au fil des mois. Le locataire doit ainsi gérer un ensemble de petites interventions et veiller à l’entretien régulier du logement. Il ne s’agit pas de lancer de grands chantiers, mais d’effectuer ces gestes qui préservent le bon état et le fonctionnement des équipements. La réglementation, via le décret du 26 août 1987, en dresse une liste précise, même si la pratique réserve parfois des cas particuliers.
Entretien courant et réparations locatives : le détail
Voici les principales opérations qui relèvent du locataire :
- Remplacement des joints : qu’il s’agisse de robinets qui fuient, de flexibles de douche ou d’appareils sanitaires, ces petites réparations sont à la charge de celui qui occupe les lieux.
- Nettoyage et graissage : charnières de portes, volets, fenêtres, grilles d’aération, systèmes de ventilation… À chacun de veiller à leur bon fonctionnement et à leur propreté.
- Remplacement d’éléments courants : fusibles, ampoules, interrupteurs, prises électriques abîmées, poignées de porte ou de fenêtre qui lâchent.
Il faut également ajouter la réparation des dommages causés par un usage inadapté. Un parquet abîmé par un déplacement maladroit de meuble, une vitre cassée par négligence ou encore un store brisé lors d’une mauvaise manipulation : sauf preuve de vétusté ou de vice caché, ces frais incombent au locataire.
La référence pour trancher reste l’état des lieux et, si elle existe, la grille de vétusté annexée au bail. Elles permettent d’évaluer si une intervention relève d’une usure normale ou d’un oubli d’entretien. Rester attentif à ces petits travaux évite bien des surprises lors de la restitution.
Les obligations du propriétaire : ce qui ne relève pas du locataire
Le partage est net : tout ce qui sort de l’entretien courant, tout ce qui touche à la structure, à la sécurité ou à la conformité du logement, relève du propriétaire bailleur. La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 encadre précisément cette répartition.
Les gros travaux, qu’ils soient dus à la vieillesse du bâtiment, à un vice de construction ou à un sinistre, ne sont jamais à la charge du locataire. Une chaudière hors service, un système électrique défaillant, une toiture qui prend l’eau : le propriétaire doit intervenir pour que le logement reste vivable et sécurisé. Même logique pour tout ce qui concerne la structure du bâtiment : murs porteurs, étanchéité, ou encore isolation.
Le bailleur supporte également les travaux exigés par de nouvelles normes : installation d’un détecteur de fumée, réalisation de diagnostics obligatoires, désamiantage, rénovation des canalisations en plomb. Ces obligations ne dépendent ni de l’ancienneté du bail ni du temps passé dans le logement.
La grille de vétusté annexée au bail joue ici un rôle précieux, notamment lors de l’état des lieux de sortie. Elle différencie clairement l’usure normale, qui ne peut jamais être facturée au locataire, et les dégradations liées à un manque d’entretien. Le respect de ces règles limite les désaccords et protège le dépôt de garantie.
En cas de litige ou de doute : solutions et recours pour bien faire valoir ses droits
Un désaccord sur l’état d’un logement ou sur la réparation à réaliser ? Avant toute chose, rassemblez les documents du bail, l’éventuelle grille de vétusté, les états des lieux d’entrée et de sortie. Ces pièces sont le socle de toute discussion constructive, car elles permettent de situer précisément les responsabilités de chacun.
Si la restitution du dépôt de garantie pose problème, ou si la nature d’une réparation reste floue, commencez par tenter un règlement amiable. Un échange écrit, précis et documenté, peut suffire à apaiser la situation. Mentionnez explicitement le décret n° 87-712 du 26 août 1987 et la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Appuyez vos propos par des photos, des devis ou des attestations, surtout au moment de l’état des lieux de sortie.
Si le dialogue s’enlise, tournez-vous vers la commission départementale de conciliation. Gratuite et composée de représentants des deux parties, elle intervient pour désamorcer les conflits liés à la restitution du dépôt de garantie ou à la répartition des réparations. En dernier recours, le tribunal judiciaire peut être saisi : jusqu’à 10 000 euros, la procédure ne nécessite pas d’avocat, mais un dossier solide reste indispensable.
Enfin, les associations de défense des locataires et les agences départementales d’information sur le logement (ADIL) offrent un accompagnement fiable pour comprendre la réglementation ou préparer une démarche. Connaître et mobiliser ces solutions, c’est se donner les moyens d’une relation locative apaisée, sans mauvaises surprises à la sortie.
Le bail se termine, les cartons sont faits : mais ce sont souvent les détails techniques et la connaissance précise de ses droits qui font la différence entre restitution sereine et litige interminable.

