Un coup de fil de la banque, et tout bascule : votre dispositif Duflot touche à sa fin. Faut-il dire adieu à cette niche fiscale ou existe-t-il une astuce pour la prolonger ? Trop de propriétaires passent à côté de cette question, alors qu’une extension, si elle était possible, transformerait leur investissement locatif en une véritable course de fond.
Entre critères d’éligibilité à surveiller et paperasse à ne pas bâcler, chaque détail pèse lourd dans la balance. Saisir les subtilités de l’extension Duflot, c’est se donner les moyens d’optimiser durablement son bien et de ne rien perdre dans la chasse aux économies.
Comprendre la prorogation du dispositif Duflot : enjeux et limites
Impossible de parler d’investissement locatif sans évoquer la loi Duflot, héritière de la loi Scellier et précurseur de la loi Pinel. Elle a été conçue pour dynamiser la construction de logements neufs en zone A, A bis, B1 et B2, en promettant une réduction d’impôt de 18 % répartie sur neuf ans. Mais la règle est stricte : l’engagement de location s’arrête invariablement à neuf ans. La souplesse introduite par le Pinel, choix de la durée, conditions plus larges, ne s’applique pas ici : la Duflot garde le cap, sans dévier.
| Dispositif | Durée d’engagement | Taux de réduction | Zones éligibles | Souplesse |
|---|---|---|---|---|
| Duflot | 9 ans (non prorogeable) | 18 % | A, A bis, B1, B2 | Location uniquement hors ascendants/descendants |
| Pinel | 6, 9 ou 12 ans | 12, 18 ou 21 % | A, A bis, B1, B2 | Location possible à la famille |
La question de la prorogation Duflot revient souvent, mais la réponse ne laisse place à aucune ambiguïté : la loi verrouille l’engagement. Pas de prolongation, pas d’ajustement des modalités, pas de rallonge cachée dans un décret. Face à la Pinel et ses options sur-mesure, la Duflot impose sa rigidité, et il faut composer avec.
Autre point de friction : impossible de louer à un parent, qu’il soit ascendant ou descendant. Sur ce terrain, la Pinel a ouvert des portes ; la Duflot, elle, reste inflexible. Les propriétaires doivent donc s’en tenir à des règles strictes, sans dérogation, ce qui limite les marges de manœuvre dans la gestion du bien.
Prolonger son engagement Duflot : quelles conditions faut-il remplir ?
Pour bénéficier de la réduction d’impôt avec le dispositif Duflot, mieux vaut garder un œil vigilant sur chaque condition exigée. L’engagement de location dure neuf ans, point final : impossible de rallonger cette période, contrairement à ce que permet la loi Pinel. Pendant toute cette durée, la vigilance s’impose sur plusieurs aspects :
- Le plafond de loyer Duflot doit être respecté selon la zone où se situe le logement. Les loyers ne se fixent pas librement : chaque année, l’administration publie ses seuils, et il faut s’y tenir.
- Le locataire doit répondre au plafond de ressources défini par la réglementation. Seuls les foyers sous ces limites peuvent signer le bail.
- Le logement doit être occupé en tant que résidence principale. La location à un membre de la famille (ascendant, descendant, membre du foyer fiscal) reste interdite.
- Le bien doit satisfaire aux exigences de performance énergétique fixées lors de l’achat : RT 2012 ou label BBC 2005, selon la date du permis de construire.
Pour conserver l’avantage fiscal, chaque critère doit être observé à la lettre, dès la signature du bail et jusqu’au terme de l’engagement. Un simple oubli, comme un plafond dépassé ou un locataire non éligible, peut suffire à faire tomber la réduction d’impôt. La rigueur doit donc être de mise, surtout lors des changements de locataires ou des mises à jour annuelles des plafonds.
Étapes clés pour demander la prolongation de votre investissement
La loi Duflot ne prévoit aucune continuité automatique : l’engagement reste strictement limité à neuf ans, sans renouvellement possible. Une fois cette période achevée, la réduction d’impôt s’arrête, même si le logement continue à être loué selon les mêmes critères.
Pour bénéficier pleinement de la réduction d’impôt Duflot, il faut assurer une gestion administrative irréprochable, dès le premier jour. Trois formulaires se révèlent incontournables pour respecter le cadre légal :
- Formulaire 2044EB : à compléter lors de l’acquisition ou de la livraison du bien, il formalise l’engagement de location et le respect des plafonds.
- Formulaire 2042C : il sert à déclarer chaque année les revenus générés par le bien ainsi que le montant de la réduction d’impôt.
- Formulaire 2042RICI : il recense les crédits et réductions d’impôts liés à l’immobilier.
Il est judicieux de préparer dès le départ tous les justificatifs : attestation du notaire, documents prouvant le respect des plafonds, bail, quittances, diagnostics de performance énergétique. La réduction d’impôt s’applique sur le prix de revient du logement, frais inclus. En cas de demande de l’administration fiscale, mieux vaut être prêt à justifier chaque point, du début à la fin de l’engagement.
Arrivé au terme de la période Duflot, il devient prioritaire de repenser sa stratégie : faut-il continuer en location nue, basculer en meublé, ou se tourner vers un autre dispositif si cela reste accessible ? Anticiper la suite, c’est éviter les mauvaises surprises et garder la main sur la rentabilité de son patrimoine.
Ce que la prorogation change pour votre fiscalité et votre gestion locative
Après neuf ans sous Duflot, la fiscalité prend un nouveau virage. La réduction d’impôt s’arrête, sans possibilité de prolonger le dispositif. Le bien repasse alors sous le régime classique des revenus fonciers si la location reste nue, ou peut basculer en location meublée (LMNP) si vous choisissez cette option. Ce choix impacte le traitement fiscal : en location nue, les loyers sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers ; en meublé, ils relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), ce qui permet d’amortir le bien ou de profiter d’un abattement forfaitaire.
- En location nue, il est possible de déduire certaines charges et d’opter pour le micro-foncier ou le régime réel, mais il n’existe plus d’avantage fiscal particulier.
- En location meublée, le propriétaire peut choisir entre le micro-BIC (avec abattement de 50 %) ou le régime réel simplifié, qui autorise l’amortissement du bien.
La gestion locative évolue elle aussi : les contraintes imposées par le Duflot disparaissent, laissant toute liberté dans le choix du locataire et dans la fixation du loyer, sous réserve de respecter la législation locale. Mais sans soutien fiscal, chaque période de vacance impactera directement la rentabilité : il faut donc sécuriser l’occupation du logement.
Enfin, si l’idée de revendre le bien se pose, il ne faut pas perdre de vue la plus-value immobilière. L’impôt s’élève à 19 %, auxquels s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. L’exonération totale n’intervient qu’au bout de 22 ans de détention pour l’impôt, 30 ans pour les prélèvements sociaux : chaque année passée sous Duflot compte dans ce calcul. Ce paramètre pèse dans la balance au moment de définir sa stratégie patrimoniale.
Au final, la Duflot impose son tempo : neuf ans de course intense, puis le retour au choix individuel. Lorsque la mécanique fiscale s’arrête, l’investisseur se retrouve face à sa propre stratégie : poursuivre, transformer, ou rebondir ailleurs. À chacun d’inventer la suite, sans filet mais pas sans expérience.


